Un exemple de renforcement… paradoxal

Ce que j’appelle « renforcement paradoxal » est une méthode de renforcement intérieur d’une idée, ou d’un projet, dans le but de « l’affaiblir »; éventuellement de m’en débarrasser.

Un exemple simple (enfin, simple de mon point de vue; c’est vraiment un type de cas basique):

Vers l’heure du déjeuner je me dis: « Cet après-midi il faudrait me mettre à tel travail (peu importe lequel ici); et je suis un rien tendu (idem, peu importe la raison), alors qu’il n’y a pas de raison objective (en la circonstance: j’ai encore 15 jours de délai!).
Pour atteindre une sorte de liberté par rapport à ce « il faudrait » et à ma tension, j’insiste intérieurement; je renforce l’idée (« il faut »), par une sorte de poussée intérieure ayant le but de me persuader moi-même. Et puis je bascule: j’insiste sur le fait que cela peut attendre, et j’insiste idem sur cette idée inverse (je la renforce intérieurement).
Et je continue cette alternance, ces allers et retours, cette « itération », jusqu’à ce que j’atteigne l’indifférence.
L’idée du travail à faire dans les 15 jours est toujours présente, mais sans tension, sans obligation. Comme une possibilité.

Cela revient à monter au niveau « au dessus », où je « regarde » mes divers désirs et sentiments, et où je les fais jouer, se confronter, s’harmoniser.
Je trouve la paix.

 

 

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Itérations « bi-paradoxales »

Allez, je me lance !
Il y a des années que j’utilise « intérieurement » des méthodes comme celle que je vais évoquer ici.
Et je suis convaincu que ces méthodes ont une valeur générale.
Il y a au moins trois penseurs (« auteurs ») que j’appellerai comme « témoins » : Van Vogt, Watzlawick, et Carothers.

Entrons dans le vif de l’exemple – car ce n’est rien d’autre qu’un exemple.
Je viens de m’allonger, après le petit déjeuner, pour me reposer quelques instants avant de commencer ma matinée.
Je ressens, évidemment, des douleurs ici ou là dans mon corps.
Et, à un instant donné, je pense par exemple à une douleur (très modérée) dans mon bras gauche.

La technique que j’emploie depuis longtemps est le renforcement paradoxal. Au lieu de chercher à refouler en quelque sorte cette douleur, je concentre ma volonté sur elle pour l’accepter: oui, j’ai cette douleur, sens la bien!
Et en même temps je suis à un niveau meta: je me constate en train de me concentrer sur cette douleur, et j’oppose en moi le pour et le contre concernant cette concentration: est-ce la bonne attitude à suivre que de faire ce renforcement.
Et là dessus, hop! troisième niveau: je renforce en moi cette réflexion sur le pour et le contre: oui, j’ai raison de passer du temps à faire cette itération ! Ce qui naturellement, paradoxalement, m’amène à cesser de m’occuper de cette douleur…

Vous n’avez rien compris? Cela ne m’étonne pas. J’ai d’ailleurs hésité à publier ce billet. Celles et ceux qui ont lu Watzlawick peuvent sans doute voir un peu de quoi je parle, bien que je ne sois pas sûr que Watzlawick parle d’appliquer à soi-même les méthodes paradoxales. Quant aux itérations, il me semble que c’est plutôt du côté de Van Vogt qu’on les trouve. Et en outre je passe ici à un « double-meta » (pour la première fois: c’est ce qui m’a décidé à écrire ce billet).

Ah oui, ci-dessus je n’ai pas parlé de la spontanéité ! Elle est essentielle dans mon attitude. J’itère sans cesse entre spontanéité et réflexion (« meta ») sur ce que je fais. Et je suis extrêmement conscient de tout ce que je ressens.

Sur les pages de mes sites on trouvera ici ou là, avec le moteur de recherche de la page 1, des allusions à Watzlawick et à Van Vogt (dont un article).
Carothers? Voir le petit livre que j’ai publié sur lui, et notamment mes remarques finales:  « La prière de louange a des points communs avec les paradoxes; il s’agit de se prescrire à soi-même un changement d’attitude ».